C’est une pause…

boulot que je m’étais accordée. Pause « trouver du boulot ». C’est maintenant chose faite. J’ai longuement hésité, mais quand le choix a été fait (nan, il s’est carrément imposé, dude, ne confonds pas), quand je me suis laissé aller à croire que j’avais fait un choix, la job m’est tombée dessus. Je l’ai prise. Un vrai salaire, une vraie équipe de travail (avec des collègues, oui oui !), temporaire, certes, mais c’est bien ce que je voulais, sinon j’aurais postulé pour le même poste, mais permanent, qui était aussi offert. Donc le contentement est au rendez-vous.

En plus, je vais écrire , me promis-je comme toujours vers 9h du matin ; enfin, j’aurai l’occasion d’écrire pendant tout ce temps que j’aurai à ma disposition avant de commencer mon contrat.

Mais il semble qu’on apprécie mes capacité d’analyse et je me suis fait donner de la lecture. Juste huit scénarios. L’histoire d’une dizaine de jours tout au plus, si je m’y mets sérieusement.

Le sérieux et la discipline ne faisant plus partie de mon vocabulaire personnel (lire : de travailleur autonome) depuis l’université, va savoir pourquoi, je piétine depuis deux jours. Je retarde. Je lis. J’apprécie (ou pas, souvent pas). J’ouvre le traitement de texte et l’analyse du film que j’ai déjà faite qui se rapproche le plus de celle que je m’apprête à faire. Puis le vide. Puis le blanc. Parce que c’est un cercle vicieux. Le temps que je perds là, que ça me dit, dans ma tête (je serais freudien, j’aurais un terme pour définir qui parle, mais c’est polka), je ne l’ai plus pour autre chose.

En clair, le temps que j’aurai à consacrer à mon « art » – tu sais, cette espèce d’avilissement qu’on a en soi et qu’on tient à partager, ce machin qu’il faut du temps pour nommer, déjà, et réaliser, surtout – s’amincit à vue d’oeil. Justement parce que je pense à lui.

Oui, mais tu fais de l’argent, me lance Clamski, me demandant du même souffle le loyer de mars.

C’est pas le problème. Je commence à me poser sérieusement la question de ma capacité à faire avancer mes propres projets, si l’urgence n’est pas là. Non. Pas l’urgence. En fait, si, l’urgence, mais cette urgence créatrice ne vient pas n’importe quand. Et c’est la peur de ne pas être disponible quand elle viendra qui me castre. Je le sais que c’est con. Je le sais, mais c’est viscéral.

Pourtant le temps que je ne passe pas avec mon « art » (les guillemets sont de moi), rapporte bien plus. En terme d’argent, là.

Dans ma vie solitaire de travailleur autonome qui bosse surtout sur les projets des autres, parce que c’est comme ça qu’on apprend, je sais comment envisager la chose. Mais quand c’est pour moi… Je suis comme gêné, critique, censeur, et je perds l’amusement que j’avais senti début vingtaine quand j’avais compris que je pouvais faire ça.

Je me sens comme le Québec. Je suis son reflet, en gros. J’accepte de m’endormir, avec l’espoir absurde que plus tard, j’aurai le temps.

– Tu te prends pas pour de la merde…

Va chier, Clamski.

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8 Réponses to “C’est une pause…”

  1. renartleveille Says:

    Ce billet trouve beaucoup d’écho chez moi. À la différence, c’est que ça m’angoisse de devoir faire plus d’argent et d’avoir moins de temps pour mes choses, même si l’angoisse de ne pas faire assez d’argent est encore plus forte…

  2. scrypticwriter Says:

    c’est gentil. d’habitude, je tente de rester plutôt dans la semi-fiction un peu plus fictive, mais là, fallait que ça sorte 😉

  3. renartleveille Says:

    Moi aussi, c’est plutôt rare que je parle de ma vie, mais quand le besoin s’en fait sentir, pourquoi se priver?

  4. Simon Dor Says:

    C’est difficile de parler de sa vie et de bien le faire. C’est ici très bien fait!

  5. scrypticwriter Says:

    @renartleveille : ouais, mais bon, je tente le plus possible de rester près du concept…

    @Simon : gracias !

  6. Renart Léveillé Says:

    Depuis que j’ai vu que Martin Masse (du blogue du QL – si tu connais) affichait des photos de son intérieur (maison, hé hé!), je me dis que tout est permis!

  7. renartleveille Says:

    😉

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