Vieux stock…

…encore une fois. Ça me donne l’impression d’écrire, peut-être. Écrite… ya dix ans. Publiée ce soir sans retouche, sauf corrections des fautes. La première phrase, en italique, était imposée et tirée d’un bouquin dont j’ignore désormais le titre.

C’était soudain silence il n ‘y avait plus rien, rien que les craquements de la maison que j’habitais une fois l’an, l’été, près d’une forêt, sur les rives d’un lac calme qui chaque soir s’ensanglantait harmonieusement, c’était ma cousine, Emma (maigre, vêtue de ténèbres, le visage si blême), c’était elle que j’allais voir toute la saison, elle racontait que sa vie s’était dénaturée quand elle avait lu, pour la première fois un livre noir qui préconisait l’absorption régulière de fèces de bouc noir, je la trouvais folle, oui ils me croyaient tous folle au départ, mais ils ne disaient rien, ils me regardaient, craintifs, sauf Jean, qui chaque été devenait mon disciple, je sentais la puissance que j’accumulais sans cesse, j’entrevoyais les démons qui chuchotaient, qui me dictaient les actes à effectuer afin d’être accueillie dans la douce chaleur de l’enfer à ma mort que je souhaitais imminente, la vie ne me semblant être qu’une importunité y retardant mon accès, et je fuyais, tous les matin j’accueillais Jean au sortir de sa chambre savourant encore ma dernière rencontre avec l’incube de service, nous partions à bicyclette à travers le bois, invoquant les diables de la forêt, les rites incantatoires étaient dans mon bouquin et nous les suivions à la lettre, lui, mon disciple, fort impressionné par la langue inconnue que je parlais et moi, belle comme la nuit, qui ne me rappelait même plus ma langue maternelle, elle était trop forte, je renonçais à mon corps, à mes pensées personnelles et je devenais sien, la journée passait comme une seconde, une journée, une autre…  Sur le chemin du retour, nous provoquions un accident, nous pédalions dans le chemin des voitures qui, fort dérangées par notre apparition, finissaient toujours leur course au fond du ravin, le visage des conducteurs atrophiés de rage, ils griffaient l’air de leurs doigts, nous les collectionnions, les grosses, les petites, les bleues, les japonaises, c’était notre secret, nous pouvions utiliser les restes des conducteurs pour initier nos rites personnels, dès qu’il faisait noir, ma cousine me conduisait au village pour y tourmenter sa victime, une fillette, Emma mettait son visage blafard à la fenêtre, inventait un rictus apeurant, «inspiré du démon» me disait-elle et faisait hurler la petite, puis nous nous sauvions avant que le père ne vienne voir à l’extérieur ; un instant plus tard, il convaincait la môme que ce n’était que son imagination.

Peu de temps après, la môme sacrifia, à contrecoeur, ma cousine sur ses propres ordres…

Publicités

Étiquettes :

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :