On vous lit…

… avec Clamski, on passe en revue les internets, vos blogs. On les lit, rarement au complet, mais jamais en diagonale. Je m’installe sur mon ordi, et je l’entends respirer par-dessus mon épaule. Disons que je suis assez bien placé pour entendre ses exclamations. Des fois, il vous adule : « Quel prose, quelle audace, c’est pas toi qui écrirais de même ! »  D’autres fois, il se demande pourquoi vous avez ce point de vue, plutôt qu’un autre, pourquoi vous avez choisi tel angle pour aborder un sujet…

À vrai dire, tant que vous avez du style, de la répartie et que vous faites pas trop de fautes – eh ouais, il est comme ça, mon Clamski – j’entends surtout des petits rires amusés et du coin de l’oeil, je le vois hocher la tête en signe d’assentiment.

Mais hier, en cherchant une recette, je suis tombé sur un blogue de foodies…

Bon, déjà, les tendances, lui et moi sommes contre.

Bah au fond, j’ai rien contre Canada Goose comme tel. Suis certain que c’est chaud et, vrai, la coupe est belle. J’en ai contre les gens qui en portent parce que l’hiver dernier, tout le monde en avait, et qu’ils en ont acheté un aussi. Et que ça devient exponentiel. Et que 50 % des gens qu’on croise en hiver en portent. Un peu de diversité, que diable.

Ainsi, nous sommes contre les tendances. D’abord parce que elles sont l’impulsion de départ – élan de sociologie extrême – du conformisme, d’où découle l’exclusion des non-conformes. Vite dit, là.

Mais nous sommes aussi contre parce qu’elles sont souvent complètement, absolument, vides de sens.

Les foodies, donc… Oui, manger, c’est quand même une part importante de la vie. Oui, bien manger et se payer la traite font partie d’un régime (haha) de vie auquel j’adhère complètement. Je cherche des recettes sur internet, c’est dire que je dépasse les pâtes au ketchup que je me faisais y a dix ans.

Mais parler de bouffe, par écrit, quand on ne décrit pas une recette, c’est quoi sinon le comble de l’absurdité ?

Que quelqu’un ressente le besoin de me dire que le souper qu’il a fait hier était tellement bon, « Ah, j’ai telllllllement aimé cette recette que je ressens le besoin de la laisser refroidir pour parfaire la disposition dans l’assiette avant de la prendre en photo », ça, ça me dépasse.

Ben ouais, juste à pas les lire, ces blogs…

Mais c’est pas mon point : « Veux-tu un beau sujet de conversation qui risque pas de faire de chicane ? m’a lancé Clamski. Parle de bouffe »

Et ça y était, tout était dit.

Vacuité des propos, c’est ça qui pèse.

Ben ouais, juste à pas les lire…

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7 Réponses to “On vous lit…”

  1. Tweets that mention On vous lit… « Mort clinique -- Topsy.com Says:

    […] This post was mentioned on Twitter by Philippe Daigle and Véronique Matteau, Sophie. Sophie said: Ça fait du bien de lire ça. RT @scrypticwriter http://t.co/D2dYpcO #autopromo le vide pèse parfois dans la balance. […]

  2. RPL Says:

    Message immensément pertinent. Tu vois, je suis contre toute forme d’autodafé, mais faut bien admettre qu’on pourrait vider les librairies, et les bibliothèques, d’au moins 80% de ce qu’elles proposent, sans qu’on n’y perde rien.

    Ceci étant, tu as vraiment raison, mieux vaut non pas détruire, mais simplement ne pas lire. Ce qui m’angoisse, d’ailleurs, puisque je ne suis pas beaucoup « lu », d’une part, et peut-être jamais au complet, d’autre part 🙂

    • scrypticwriter Says:

      ouais tu as raison, l’autodafé n’apporte ni plus ni moins que la perte d’une « culture », aussi peu intéressante (à mes yeux, évidemment) soit-elle. et la perte d’une culture, c’est mal.

      bon en même temps, tu as raison d’angoisser, actuellement l’offre dépasse LARGEMENT la demande 😉 mais tout ça, l’écriture, – j’essaie probablement de me convaincre en écrivant ceci – je pense qu’elle vient d’un besoin qui se satisfait par l’écriture elle-même. et je vois le fait d’avoir des lecteurs comme une plus-value.

      mon opinion…

  3. RPL Says:

    Tout à fait d’accord avec toi; écrire est une expérience-pour-soi, d’abord et avant tout; le fait de se « publier » soi-même ajoute énormément à l’effort de vérité; et enfin, tant mieux si on a des lecteurs – ce qui m’amène à noter que tu ne me contredis pas quand j’écris que j’ai des lecteurs qui ne me lisent ( peut-être ) jamais au complet 😉

  4. _MlleB Says:

    Mais oui, mais le foodisme, c’est comme les Canada Gosse (oups, Goose)… une façon de dire : regardez, je suis en moyens, je suis au bout de ma recherche d’expérieeeeences, je fais tellement de restos que je peux m’improviser critique, je cuisine avec des ingrédients recherchés, etc.

    Entre ça et la névrose des alicaments, je t’avoue que la gourmande que je suis aime mieux être actrice que spectatrice. N’empêche que pour l’inspiration, on n’en manque pas avec cette folie ambiante!

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