Ya un certain temps que…

… j’étais pas revenu ici. Mon embardée contrôlée de ce printemps a fait en sorte que je rompe avec bien des choses que j’associais à ma vie d’avant… comme ce blog.

Mais là, j’en suis revenu. Après, quoi, huit mois ? Ouan. Il m’a fallu huit mois pour me revenir, pour me sortir du marasme qui m’envahissait parce que je me retrouvais face à moi-même soudainement. Pourtant, j’étais pas si loin. Un peu perdu, certes. Mais pas si loin. Mais je commence à me connaître : je suis pas mal bon pour m’éviter…

Je sais pas pourquoi hein. Clamski pourrait peut-être m’aider avec ça. C’est un peu pour lui que je reviens, aussi. Il me manque, l’animal. Pourquoi m’évité-je, Clamski, lui demandé-je en utilisant fièrement la forme interrogative des verbes du premier groupe ?

Voyons voir… commence-t-il… 

Non, laisse faire, que je lui dis, ça me tente pus.

Ah, fait-il. Je pense qu’on a mis le doigt sur kek chose.

Ouain.

Pourtant, après m’être fait attendrir, chérir, pendant quelques années, je recommence à sentir le lion sous le scorpion apprivoisé que j’étais devenu – ben oui, j’astrologise, des fois, sue me – et ça fait du bien.

Remarquez, je le sais, pis on me l’a dit souvent : t’es cave, buddy, d’avoir tout crissé ça là. T’étais bien. Tout allait bien. Pourtant, tu as tout foutu aux vidanges, tout oblitéré, tout grossièrement démoli. Cinq ans de ta vie, partis, finis, beubye, sans te poser plus de questions que ça.

Ce à quoi je réponds : je l’sais ben, asti…

Mais allez savoir pourquoi, je pense que je m’en sors mieux que si j’étais resté. Ou pas. Aucune idée. Pis je le saurai jamais. Oh, je pourrais en faire une fiction, qui serait probablement beaucoup plus intéressante que ce qui m’attendait ultimement. Ou pas.

J’en suis revenu, donc, et je suis revenu.

Fait que c’est ça. Je craque mes doigts, tous ensemble. Puis, un par un. Les pose sur mon clavier. J’inspire. Et je me lance… Ah non, tiens : notification facebook. Ah, interaction twitter.

Et je suis reparti.

C’est aussi un peu ça qui s’est passé. Beaucoup de travail, mais beaucoup de procrastination et de perte de temps sur les réseaux sociaux.

On sait pourquoi, ça, mon vieux…

Pourquoi donc, Clamski ?

Parce que tu te complais dans l’instant présent. T’es incapable de voir à long terme, encore à ton âge.

Ta yeule, j’ai des REERs depuis deux ans !

Les interactions des réseaux sociaux te donnent des satisfactions immédiates. Ce que tu ne retrouves pas dans ton écriture. Même ton blogue, dude. Même affaire. Pourquoi t’as pas encore publié à ton âge? Parce que tu trouves ça fucking trop long d’avoir à tout faire tout seul dans ton coin. Pis comme tu commençais à te le dire plus haut – ah, tiens, Clamski qui assume le fait d’être dans un texte ? – tu es pas mal bon pour t’éviter. Pour éviter d’être seul avec toi-même.

Bon, ben comme Clamski dit, d’abord… J’ai pas la patience pour passer tant de temps avec moi-même. Mais on fait quoi quand c’est de même ?

Regarde-moi pas de même, chus dans ta tête… Peux pas t’aider tellement plus…

Alors quoi, on s’oublie pour de bon ? Hum. c’est quoi cet énorme frisson qui me traverse, soudainement ?

Aaaah, ça, c’est de la peur. T’es crissement déconnecté de toi-même, mon vieux…C’est de la peur, que tu as ressentie, la peur de t’oublier toi-même. Et tu sais ce que tu devrais en faire ? Utilise-là. C’est avec elle que tu vas écrire. 

Ok. Deal.

On se revoit bientôt. Ici, ouais. Mais avec un peu de chance – et de peur – dans un éventuel salon du livre. Ou sur scène, pour ce que j’en sais. Ou à l’écran, tsé…

À bientôt, public en délire.

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6 Réponses to “Ya un certain temps que…”

  1. Max Says:

    J’ai confiance en toi. Tu vas ressortir de tout ça encore plus fort, et probablement avec quelque chose à offrir au public. Go!

  2. Simon Dor Says:

    Tellement un sentiment partagé. Autant je me dis que je fonctionne en solitaire, autant la recherche de gratification est toujours présente et tellement plus facile à recevoir avec Facebook/Twitter/mon blogue…

  3. Yolande Villemaire Says:

    Ça prend du courage pour écrire. Bravo!

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