Y’avait Clamski…

qui me dévisageait depuis un moment déjà.

« Kessé ? » lui demandai-je, pas qu’un peu agacé. Il avait cet air qu’il arborait parfois, qui avait beaucoup à voir avec ses larges sourcils qu’il plissait et avec un regard entendu de complicité future ; un air qui me rendait nerveux, parce que je savais que peu importait ce que mon Pollack avait en arrière de la tête, il finirait par me convaincre et qu’honnêtement, aujourd’hui, ça m’adonnait pas full.

Je m’étais donné la mission de faire le ménage de l’appart ; aspirateur sous le bras, chiffon sur la tête – pour le look, tsé comment ça marche, pour être bon pour faire du ménage, faut avoir l’air d’une ménagère, d’un ménager – seau d’eau et moppe pas très loin derrière moi. Je le fixais, attendant qu’il me lance son idée folle, encore une fois, et qu’encore une fois, je me fixe à lui, et qu’on vive une autre aventure rocambolesque.

– Regarde-moi pas de même, ti-cul. 

– C’est toé qui me regarde de même, Clamski.

– Moi je dis que c’est toi…

Après quelques rounds de ces interactions vide de sens, j’ai fini par me dégréyer, pis ranger mon stock de ménage. Je suis revenu devant Clamski. Il fumait, en regardant par la fenêtre.

– Go, que j’ai lancé.

S’est à peine retourné.

– Quoi, « go » ?

– Dis-moi ce que t’as en tête.

Clamski regarde autour de lui, confus. Secoue la tête. Pas l’air de piger ce que je voulais dire.

– Ben tu voulais pas qu’on fasse un mauvais coup, de quoi ?

Clamski hoche la tête, une petite moue du genre « ouais, ça serait cool, ça… »

– Ok, pas de troub. Quoi ?

– Ah… euh, t’en avais pas un à me proposer ?

Il semble réellement surpris.

– Da fuck, tit-cul ?

– Ah rien…

Je suis retourné chercher mes affaires de ménage. J’avais mal lu le regard de Clamski.

Au fond, ça doit être moi qui est trop fébrile, que je me dis en m’agenouillant devant la chiotte. Comme si envisager faire le ménage avait eu pour effet de me faire chercher à tout prix quelque chose d’autre à faire. 

– Tu devrais pas écrire, vu que tu as du temps en trop ?

Je me retourne vers lui, circonspect.

– Fais pas ton air circonspect : pourquoi tu écris pas ? M’a le faire, le ménage, moi.

Faque me vlà, au final, en train d’écrire, pendant que c’est Clamski qui crisse après le ménage, qui m’annonce en grandes pompes qu’on ne portera plus nos tennis en-dedans, paske ça salit le plancher.

Pis je l’envie, calisse…

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