Le premier instrument philosophique par excellence de l’homme…

…c’est la prise de conscience du réel, par les mâchoires.

-Dali

Ça dit tout.

Je m’exerce à lire. Pas facile. La lecture m’active les neurones, pis là j’ai tendance à vouloir noter des affaires. (Ou à trouver que je manque de culture, y’a ça, aussi.) Mais ça me confronte surtout à ma paresse. Prendre des notes, pourrait-on dire, c’est la base. Mais noter kessé ? Pis yousse ? Ce questionnement profond me décide souvent de m’en remettre à ma mémoire.

Je parle de mémoire, je pourrais parler « d’espoir d’une possible synchronicité, que je pourrais discerner et utiliser à mes propres et basses fins »

Sauf que j’ai la mémoire d’un colibri. La mémoire consciente, en tout cas. Si toute l’information à laquelle je suis confronté s’imprime et reste dans un coin de ma tête, ça m’est complètement étranger, je n’ai aucun moyen de la rappeler à volonté.

J’espère donc, vainement sans doute, que mon esprit fera le chemin nécessaire pour aller récupérer l’information quand j’en aurai besoin.

Le bogue, c’est que si à l’état conscient, je suis trop paresseux pour noter, ça en dit probablement long sur mon état inconscient…

Bref… Je lisais ce livre de Dali. Et j’ai voulu noter que sa conception du réel passe par les mâchoires. J’ai pensé à la première fois que j’ai mangé. M’en suis pas rappelé. (Puis, citation de Dali oblige, pas eu le choix de penser à la première fois que j’ai mangé une fille. M’en suis pas rappelé – je sais c’est qui, toute, t’en fais pas… mais le moment comme tel, niet) J’essaie encore de décortiquer ce qu’il veut dire.

Le premier instrument philosophique, ce serait donc de là que vient la capacité humaine d’appréhender le monde. Parce que la mâchoire sert à permettre à la nourriture de passer dans le corps. Donc à rester en vie. Passée la survie, la nourriture est aussi parfois plaisante, parce que le goût…

Je sais pas, en fait. Il parle de mâchoire.

Je pense que « bouche » (lèvres, langue, mâchoire) serait sans doute plus facile à interpréter. Autant pour se faire plaisir, que pour faire plaisir, autant pour se faire mal, que pour faire mal.

Franchement Salvador, t’es pas très précis, quoi… ou tu l’es trop.

Pis là, ça m’est venu : j’ai pris le bouquin de Dali, et j’ai commencé à le déguster, page par page. Arracher la page. La lire. (merde, des deux côtés…) En faire une boule. Me l’insérer dans yeule. Et en prendre conscience grâce à mon premier instrument philosophique par excellence.

Pis là, je suis à l’hôpital.

M’apprendra.

Clamski se marre.

Je l’ignore. J’ai apporté des livres.

Pis après le deuxième empoisonnement à l’encre, m’ont tout enlevé les livres que j’avais apportés. Mais j’allais quand même pas m’empêcher de prendre conscience du réel.

J’ai trouvé une infirmière willing. J’ai pris conscience de sa réalité de femme fontaine. En esti.

Y m’ont retrouvé, je prenais conscience des magazines d’une salle d’attente.

M’ont attaché dans mon lit, le temps du lavement.

Y ont tenté de me nourrir, mais j’ai gobé la fourchette, et l’index de l’infirmière, qui m’aimait pas mal moins que la fois d’avant à cause de ça.

J’ai aimé le sang. J’avais déjà goûté au mien, de sang. Mais à celui de quelqu’un d’autre, jamais.

Clamski m’a accompagné jusque dans la chambre capitonnée ; il me laisse pas m’approcher de lui, il me gosse avec sa pique à poêle à bois en fonte, il me dirige un peu comme un enfant des années 20 avec son cerceau. Ça fait mal pis c’est pus drôle.

Dali m’a profondément fucké

Merci Dali.

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8 Réponses to “Le premier instrument philosophique par excellence de l’homme…”

  1. feliciematteau Says:

    Abonné à la taloche, Dali? Paraît pourtant qu’il avait un excellent caractère… 🙂

    • scrypticwriter Says:

      un bon caractère si tu le contredisais pas, à ce que j’en sais.

      • feliciematteau Says:

        Sarcasme, quand tu nous tiens…

      • feliciematteau Says:

        Y a le prof d’histoire de l’art, dans Métis Beach, qui expliquait que les montres molles étaient une illustration de l’impuissance de l’artiste, sinon. Ça peut jouer sur le caractère un brin.

      • scrypticwriter Says:

        il est notoire qu’il n’avait pas une sexualité facile, en tout cas.

      • feliciematteau Says:

        Eh. Tous ces mots qui circulent sans qu’on puisse les vérifier sont des maux dont personne ne connaît la source mais que tous propagent avec joie…

      • scrypticwriter Says:

        bien
        Ben il s’en cachait pas vraiment… donc à moins qu’il faisait semblant d’avoir des problèmes sexuels…

      • feliciematteau Says:

        Raison de plus pour en douter, à mon avis. La vie de Dali est sans intérêt pour apprécier les montres molles ou les éléphants à maigres pattes. Ce qui compte, c’est pas ce qu’il montre, c’est ce qu’on voit. Histoire de l’art à marde ^^

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